Diorama IJN Shimakaze et IJN Nagara


Le plus dur c’est de décider de la mise en place des pièces. Il faut que cela reste d’un format raisonnable, sans comprimer les maquettes ou les perdre, sur une surface trop grande difficilement transportable. Comme je me plais à le répéter à nos juniors de l’école CAMPI : «quand tu fais un diorama, il faut raconter une histoire !». Pour moi, il est hors de question de représenter une scène guerrière. Je veux simplement présenter au mieux ces bateaux historiques. J’ai opté pour un NAGARA au mouillage sur un coffre, avec des bateaux de servitude autour et un SHIMAKAZE qui passe lentement pour prendre la mer.


Comme d’habitude, je fais mon fond dans du contreplaqué 10 mm, (de la taille de la vitrine) en rajoutant 2 mm de tous les côtés pour laisser «respirer» le verre. Je rajoute dessus, deux plaques de polystyrène pour une épaisseur totale d’une trentaine de mm environ . Je colle deux plaques à la colle à bois. Une fois bien sec, je taille le tout pour n’en faire qu’une pièce qui rentre dans la vitrine, (je ne sais pas si je suis clair ? Ça suit au fond de la classe ?). Collage du bloc de polystyrène sur le contreplaqué et séchage une nuit avec un poids dessus pour maintenir la pression (le 10 mm extérieur permet d’avoir assez de rigidité pour ne pas se cintrer avec l’humidité de la colle).

Étant au 350 ème, avec un bateau au mouillage, on peut estimer que la mer est calme. Pour faire votre mer, il vous faudra trouver du papier WC de très mauvaise qualité, extra fin et blanc de préférence. Il suffit de badigeonner votre surface de colle à bois diluée à l’eau et de poser délicatement vos feuilles de papier «woua-woua». Elles vont se plaquer en absorbant l’eau, il ne suffit plus qu’à faire des petits plissements, (toujours dans le même sens) pour faire des petites vagues. Pour les raccords, vous fondez le papier en le malaxant avec votre pinceau brosse. Quelques jours de séchage et votre mer se transforme en croûte très dure. Pour peindre ensuite, j’ai un gros pot de bleu nuit du commerce. Le bleu bien sec, je fais un brossage à sec en blanc mat des reliefs des vagues. Ah ! J’ai oublié de vous dire, que j’avais creusé les empreintes des navires, dans le polystyrène avant.

Ensuite vient la mise en place des bateaux, opération très délicate. Il faut calculer la manipulation du kit de façon à ne pas perdre ni péter toute la photodec. Avant collage final, je badigeonne le trou de colle à bois et je fais glisser le bateau à son emplacement. Il faut être très vigilant à ce qu’il soit bien dans sa ligne d’eau et qu’il ne gîte pas d’un bord ou de l’autre. Quelques sueurs froides sont encore à prévoir. Malgré toute votre attention, vous aurez sûrement un peu de casse.

Puis vient la pose des annexes. J’utilise pour cela, entre autre la boîte de barques TAMIYA. Avec ma boîte à rabiot de photodec, j’agrémente encore ces canots. Pour donner de la vie, il faut les marins. Pour cela , j’utilise les deux boîtes FUJIMIS existantes sur le marché et les marins ARSENAL en résine. Les premiers sont un peu figés, les seconds permettent de donner de l’action mais sont extrêmement fragiles à travailler. Tous mes marins sont peints, d’abord apprêtés en blanc mat à l’aéro, puis blanc plus soutenu pour les matelots, et bleu pour les officiers. Une pointe de rose pour chaque visage et une touche de noir pour les chaussures. C’est sûr ! Ça prend du temps ! Et l’amour de ma vie de me répéter: «Mais ? Pourquoi tu fais cela ? Personne ne le verra !». Seul mon vieux matou et assistant me cautionne puisqu’il ne me dit rien…

Pour les coller, je dépose une goutte de cyano sur un couvercle de pot, et un par un à la pince à épiler, les pieds trempés dans la cyano, je les pose sur les kits. C’est long, très long. Pour donner la vie, il faut trouver quelque chose de nouveau. Sur mon NAGARA au mouillage, donc en position de repos, outre le sempiternel rassemblement des troupes, j’ai prévu une démo de judo sur le pont. J’en ai eu l’idée puisqu’une marque fait un combat de boxe au 350 ème. J’ai des gens qui débarquent, d’un côté une autorité arrive, les marins ont tous levé les rames et le piquet d’honneur est prêt. De l’autre côté, la chaloupe est arrivée un peu vite et bat en marche arrière d’où son sillage particulier. Pas d’attitude guerrière, donc pas de gens aux pièces d’artillerie. Sur le SHIMAKAZE, rien de particulier, cela s’active dans l’équipage. Des sillons sont percés dans le polystyrène pour accueillir les annexes. Celles-ci sont collées instantanément à la cyano dans leur logement.

Une autorité débarque, le piquet d’honneur est prêt.
Corvée de peinture sur la coque
la chaloupe est arrivée un peu vite et bat en marche arrière
Démonstration de judo pour une partie de l’équipage

La mer n’est toujours pas brillante. Le corps-mort peint en jaune, (ARSENAL) va à sa place de la même façon, un bout de chaîne de récupération fait l’affaire pour le relier au bateau.

Superbe coffre de mouillage dispo chez l’ARSENAL

Viens le vernissage de la mer, j’utilise pour cela, des vernis à tableau en gros flacon, c’est très efficace pour un rendu vraiment brillant. Il faut éviter de mettre des couches trop épaisses sous peine de voir votre vernis présenter des micros craquelures sur toute sa surface. Attente de séchage encore, sans y mettre les doigts et en évitant aussi de faire un gros câlin au matou qui perd ses poils juste à côté.

On approche de la fin. Et pour moi, c’est le calvaire, finir ce chantier qui n’en finit plus. Je crois que c’est le plus dur en fin de compte. Pour la tranche de polystyrène blanche visible sur les côtés, je peins tout en noir. Puis vient la vitrine, calcul des découpes avec ma formule, ( le dessus : longueur x largeur, les deux grands côtés : longueur x hauteur et les deux petits côtés : hauteur x largeur moins deux épaisseurs du verre). Vous donnez cela à votre magasin de bricolage qui vous les découpe et le tour est joué, (je n’utilise que du 2 mm, c’est pas cher et c’est relativement costaud). Une fois votre verre ramené à la maison, il ne faut pas en avoir peur, c’est là que ça casse. Il faut prévoir votre surface de travail avant. Avec de l’adhésif peinture pour ligne droite, j’assemble à blanc mes morceaux de verre et je déplie le tout sur mon plan de travail à plat. Pour la colle, j’utilise la colle PRITT dispo régulièrement chez LIDL à 90 cts le flacon. Je fais mes lignes de colle et je redresse tous les morceaux que je maintiens en place avec de l’adhésif. Une nuit de séchage. La manipulation le lendemain doit se faire sans crainte, avec une prise calculée et un doigté léger. Les deux petits côtés étant pris en sandwich entre les grands, il n’y pas grand risque.

Collage simple et efficace avec la colle PRITT de chez LIDL

Il va falloir ensuite présenter la bête sur le diorama. Et là, le danger est présent. Il faut bien penser à lever assez haut la vitrine pour ne pas accrocher les matures, (expérience vécue !). Il y aura forcément quelques petits coups de rabot à donner sur le tour du polystyrène. Si votre vitrine va en force sur le polystyrène, elle se décollera tôt ou tard. Puis vient l’encadrement final, en tasseaux de bois peints en blanc au petit rouleau. Le calcul de découpe doit être fait de façon à ce qu’il laisse de la place à la vitrine. Sinon, il sera impossible d’enlever la vitrine pour des réparations ultérieures. Colle à bois, un petit coup de presse à cadre, une nuit de séchage et le tour est joué.

Prochainement, je mettrai les noms des bateaux, en lettres adhésives, sur le cadre blanc puis je le vernirai en brillant. Pour renforcer et embellir ma vitrine, j’y colle des cornières blanches en PVC. Une petite boîte à onglets et une lame de scie à métaux suffisent. Le tout est collé à l’inusable colle-tout PRITT (éventuellement aussi à la colle à bois).

Et voilà, le chantier est fini. Il ne me reste plus qu’à fabriquer une caisse de transport en contreplaqué 5 mm pour venir vous le présenter dans les prochaines expos. Comme, je le dis aux collègues, ce genre de diorama maritime, on ne sait jamais jusqu’où on peut aller, on peut en rajouter encore et encore, mais à un moment, il faut savoir dire stop. Je ne voudrais pas jouer au «Tartarin de la maquette» qui vont vous dire : «j’y ai passé 2498 heures». Non, j’y ai passé une bonne partie de l’hiver. A l’arrivée que du bonheur ! Des heures de paix pour ma compagne et moins de papouille à mon matou…………Tiens au fait ? Il est où cet animal, que je l’enquiquine un peu………

Topo et photos: Alpers