Ballade sur la Frégate LA MOTTE PICQUET

 

Il y a les choses que vous voyez souvent et que vous vous dites «  ce n’est pas pour moi » et un jour, la roue tourne et à 60 balais, cela se réalise. Vous n’êtes pas sans savoir que je suis un hardi navigateur en petit Zodiac et tous les ans, j’ai vu ces beaux bateaux militaires, parader en « journée famille » avec femmes et enfants à bord pour une sortie en mer. Il y a quelques semaines, mon gendre, marin d’état, me dit, il y a la journée famille sur la frégate LA MOTTE PICQUET, je peux vous y inscrire si vous voulez, on ira ensemble. C’est l’invitation à laquelle on répond positivement en 1/10 ème de seconde. Il fallait attendre la confirmation, ce qui fut fait 3 jours avant le départ………………

Rendez vous, chez mon gendre et ma fille à ARGOL à 6h30, ça pique. La météo est exécrable, il pleut comme «vache qui pisse». Cela ne décourage pas l’équipée et route Brest où nous arrivons une heure plus tard. Après avoir réglé les formalités d’accueil, nous pénétrons dans l’arsenal de Brest, jusqu’au fier bâtiment. Stationnement du VL à hauteur de l’avant du navire, cela fait une belle bête, 139 m de long. On remonte tout le navire, sous la pluie, jusqu’à l’échelle de coupée.

 

Accueil des plus sympas et nous voilà à bord directement à l’arrière sur la plate forme hélico. Nous pénétrons dans le hangar hélico et attaquons par l’atelier du gendre puisqu’il est mécano hélico. Puis on se perd dans ces grands couloirs et tous les étages, jusqu’à la passerelle avant où le Commandant nous adresse un sympathique bonjour. J’ai hâte au départ. Je me poste au-dessus de la passerelle pour ne rien rater du « décollage » du quai. Les moteurs tournent. Les ordres fusent sans arrêt. Deux remorqueurs arrivent. Un fort vent de sud nous plaque sur le quai. Juste en-dessous de moi, le remorqueur  NIVIDIC vient se placer. On dirait des modèles réduits.

Une puissance énorme se dégage de ces bateaux, pourtant pas si grands. Et ça démarre, les remorqueurs tirent et on décolle lentement du quai. Cela manœuvre, jusqu’à prendre la direction de la passe de sortie. Le Pilote est à bord. On sort du port, le pilote débarque et route vers le goulet. On nous avertit de nous boucher les oreilles et la trompe retentit, fort très fort. La mer est bien formée ( pas un temps pour une sortie en Zodiac). Notre fier bateau ne bouge pas, son étrave très effilée fend la vague comme un rasoir. La météo ne nous fait pas de pause, il pleut. Route Bertheaume. Je retourne à mon poste de surveillance pour voir la manœuvre de mouillage.

Tout une équipe s’active déjà sur la plate forme avant. J’assiste au déblocage des chaînes. Vous savez, ces tire-forts que l’on ne sait jamais comment mettre sur nos maquettes. Sur le pont, il n’y a que 2 chaînes, alors qu’il y a 3 ancres, une de chaque côté et une sur l’étrave. Naïvement je pose la question à un membre de l’équipage qui me répond, qu’en fait il n’y a que deux ancres, il n’y en a pas sur le côté bâbord. Et me voilà plus instruit pour la prochaine fois. Aux ordres donnés, la lourde ancre de l’étrave est larguée et la chaîne défile mollement sur le pont dans un gros bruit de ferraille et elle s’arrête. Le chef de la manœuvre commande au sifflet la personne qui gère le treuil qui lâche ou tend la chaîne. Très intéressant à voir. Re tour du navire, ce coup-ci pour les extérieurs, une éclaircie arrive. Tour de toutes les pièces d’armement, très impressionnant en vrai. A la pose repas, nos hôtes nous gratifient d’un excellent plateau repas froid très bienvenu. Une démo, avec deux Rafales, était prévue puis annulée vu les conditions météo pitoyables. Par contre un LYNX arrive et nous sort le grand jeu.

 

Des sorties en zodiac sont organisées pour les enfants, à très petite vitesse vu l’état de la mer. 15 heures, c’est le départ pour le retour. Je retourne à mon poste d’observation pour le lever de l’ancre. C’est un sacré boulot de précision.

Et route Brest, avec le vent dans le dos et un beau rayon de soleil. Avant le port, le pilote embarque. Deux remorqueurs sont postés à l’entrée, prêts à nous prendre en charge. Et on assiste à toute la manœuvre. Tous les opérateurs font preuve d’un tel professionnalisme, que l’on a l’impression que c’est aussi simple que de faire un créneau avec une CLIO. En bas de l’échelle de coupée, des membres d’équipage distribuent une rose à chaque dame sortant du navire. Je tente ma chance avec: « il n’y a pas un petit coup de whisky pour les vieux ? », rigolade,  Les adieux au bateau et son équipage des plus sympathique et c’est déjà fini. Que dire en conclusion, pas grand chose sauf : « que du bonheur et merci à Mick pour cette très belle invitation ».

Topo et photos: Alpers

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